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Actualités de l'ANDP

De l'invisible au tangible, la singularité du rôle du MJPM dans le champ social et médico-social

Par Chrystelle CARDON, Agnès FRANCIS et Clémentine PETIT

Si un des rôles du MJPM dans l’exercice de la mesure de protection est celui de l’assistance ou de la représentation selon le cadre posé par le mandat, il est important de rappeler que le MJPM est promoteur de la citoyenneté et du respect des droits et libertés de la personne dite vulnérable.

 

Quelque-soit la mesure de protection, le MJPM veille à ce que la personne protégée reçoive les informations nécessaires à la prise de décision et selon des modalités adaptées en précisant l'utilité de l'acte, l'urgence, les effets et les conséquences d'un refus de sa part.

Pour se faire, le MJPM s'assure que la personne ait compris l'ensemble des enjeux de la décision, en s'appuyant autant que possible sur d'autres acteurs, qui interviennent dans le suivi de la personne (AS, éducateurs, médecins etc). L’information c’est : prendre le temps de présenter à la personne ses droits et ses devoirs et ce dans un langage approprié et adapté à sa capacité de compréhension.

Le MJPM favorise dans la mesure du possible l’autonomie de la personne et la prise de décision en tenant compte des capacités concrètes de la personne qu’il évalue de façon continue. Il adapte et réajuste son action en même temps que la personne évolue, avance dans son projet. Tout en compensant la perte de capacité d’exercice, le MJPM soutient le processus décisionnel de la personne dans son seul intérêt dès lors que c’est conforme sur le plan juridique et réalisable sur le plan matériel.

La personne protégée reste pleinement libre de faire ses expériences. Le MJPM a une mission informative, mais il n’a pas un rôle de conseil. En effet la notion de conseil pourrait fausser le processus décisionnel.

Notre travail relève de l’analyse et du postulat des aptitudes, du potentiel voire de la capacité de la personne vulnérable.

Le premier rôle du MJPM est donc de facto de permettre une évaluation et une individualisation de la mesure.

Pour se faire, Il travaille avec « chaque corps de métier » dans un souci de prise en charge globale et transversale de la personne.

Finalement, c’est bien quand le rôle du MJPM devient voir reste invisible et que la personne protégée devient visible, à ce moment là peut-être, pouvons nous estimer être dans notre mandat.

Pour autant, si le MJPM travaille sur l’autonomie de la personne et l'aide à la décision, celles-ci sont parfois mises à mal par les tiers, partenaires, famille, société, qui ont vite fait d'estimer que le MJPM "fait à la place de", est investi de pouvoirs liberticides privant la personne protégée de ses capacités et ce sous prétexte que la personne est sous mesure de protection…

Régulièrement le MJPM doit rappeler auprès des tiers , des familles que la personne protégée reste un acteur à part entière et que la mesure n’a pas vocation à le rendre « figurant »..

Le MJPM doit veiller également à ce que l'information soit transmise directement par les professionnels compétents (médecin-avocat-notaires-banques...) à la personne protégée. En effet, ceux-ci peuvent avoir tendance à estimer que c'est au MJPM d'informer dans des domaines qui ne relèvent pas de sa compétence (ex : conséquences liées à une opération médicale). Ou bien encore, sous prétexte qu'il existe une mesure de protection, des tiers peuvent rendre « transparent » la personne protégée, le MJPM faisant malgré lui écran entre la personne protégée et les tiers, voire la société.

Aujourd’hui, la question autour de l’accompagnement interroge surtout quant à la capacité de la société à accueillir la personne vulnérable et à se transcender non pas en une société d’exclusion mais bien une société d’inclusion.

Considérant ainsi la personne protégée comme une personne ayant des capacités, un citoyen à part entière qui doit pouvoir continuer à avoir accès aux dispositifs de droit commun, particulièrement les services médico-sociaux. On observe trop souvent, sur le terrain, un glissement vers le MJPM des missions de certains tiers voire un retrait dès que la mesure est prononcée.

Si le MJPM dans le lien humain qu’il établit avec la personne protégée peut être amené à utiliser des outils de l’accompagnement tels que l’écoute empathique, l’analyse systémique etc.. ; il n’en reste pas moins qu’à la différence de l’accompagnement des service sociaux ceux-ci ne sont pas une finalité.

Le MJPM ne possède pas les capacités et n’a pas pour vocation à établir un diagnostic

social, il peut et doit, soit solliciter les tiers compétents en la matière afin de créer autour de la personne protégée un réseau social adapté, soit inciter la personne selon ses capacités à créer ce réseau par elle-même quand cela est possible.

Favoriser l’autonomie de la personne, évaluer, individualiser et aider à la prise de décision demande du temps, un savoir-faire, des compétences mais aussi un réseau et un travail en co-construction sur la base du droit commun de chaque citoyen.

Dans le cadre du mandat actuel nous ne parlons en effet que de suppléance du MJPM soit dans le cadre de l’assistance ou de la représentation qui délimite les contours de notre mandat juridique.

La qualité recherchée n'est pas toujours possible lorsqu'un MJPM gère entre 50 et 70 dossiers.

Il doit, certes, créer un réseau mais avoir aussi assez de connaissance dans les domaines de la finance, du budget, du droit, de la connaissance des publics, de la relation à la personne, avoir acquis des compétences en psychologie etc ; ces responsabilités accrues, ces savoir-faire doivent s'accompagner d'un véritable statut et d'un diplôme pour les professionnels.

Reconnaître la profession, c'est aussi reconnaître que la protection juridique des personnes vulnérables doit être confiée à des personnes préparées et donc qualifiées.

Nous dirons même que reconnaître un statut aux professionnels, leur donner les moyens d’exercer leur profession dans de bonnes conditions, c’est renvoyer implicitement l’intérêt que la société porte à la personne vulnérable !